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Saint-Pierre-et-Miquelon
:zone économique exclusive et droits de pêche 12 éme législature
Question écrite n° 19721 posée par M. Christian
COINTAT (représentant les Français établis hors de
France - UMP)
publiée dans le JO Sénat du 13/10/2005 - page 2603
M. Christian Cointat attire l'attention de M. le ministre de l'outre-mer
sur les conséquences de la récente décision unilatérale
du Canada visant à modifier l’étendue de sa zone économique
exclusive qui englobe complètement la zone économique française
exclusive à Saint-Pierre-et-Miquelon. Il lui demande de bien vouloir
lui faire connaître quelles ont été les réactions
du Gouvernement français face à cette décision unilatérale
qui porte atteinte aux intérêts français, au développement
de l’économie de Saint-Pierre-et-Miquelon et au développement
de l’industrie pétrolière française. Il lui
demande notamment de bien vouloir lui faire connaître quelle sera
la position de la France dans les négociations qui vont s’ouvrir
avec le Canada sur les quotas de pêche et la délimitation
des droits respectifs sur le plateau continental.
Réponse de M. le ministre de l'outre-mer
publiée dans le JO Sénat du 09/02/2006 - page 370
1. Etat des négociations des accords de pêche avec le
Canada : les conditions d'exercice de la pêche dans les eaux au large
de Saint-Pierre-et-Miquelon font chaque année l'objet de négociations
avec le Canada. Le tribunal arbitral de New-York a réglé par
sa sentence du 10 juin 1992 le conflit franco-canadien sur la délimitation
de la frontière maritime séparant la zone économique
de Saint-Pierre-et-Miquelon de 200 milles et celle du Canada. Les
négociations franco-canadiennes qui ont suivi la sentence arbitrale
ont abouti à la conclusion par les deux Premiers ministres de l'accord
du 2 décembre 1994 signé à Paris, valable pour une
durée de dix ans. Cet accord est entré en vigueur par un arrangement
administratif du 14 avril 1995 qui établit les modalités
de coopération en matière de conservation et de gestion des
stocks situés dans la sous-division 3Ps ainsi que des procédures
de contrôle avec l'embarquement d'observateurs à bord des
navires. L'accord de pêche instaure une gestion concertée
de l'ensemble des stocks de la sous-division 3Ps et une coopération
scientifique pour la mettre en application. Il précise en outre
les conditions d'accès aux quotas de pêche attribués à la
France dans les eaux du Canada, hors 3Ps. S'agissant des deux principales
espèces pêchées dans 3Ps, la France a accès à 15,6
% du total admissible de captures de morue et à 70 % de celui de
pétoncle. Ces parts sont valables pendant dix ans au moins à compter
de la levée du moratoire. La onzième réunion du conseil consultatif
franco-canadien s'est tenue à Ottawa les 23 et 24 mars 2005. La
partie canadienne a rappelé au cours de cette séance que
la morue de l'Atlantique qui inclut la morue du 3Ps, zone intéressant
l'accord entre la France et le Canada, a fait l'objet d'une évaluation
par le comité sur la situation des espèces en péril
au Canada (COSEPAC). Ce comité aurait recommandé au gouvernement
canadien que cette espèce soit inscrite sur la liste des espèces
en péril comme étant menacée. La prochaine réunion
du conseil consultatif se tiendra à Paris en mai 2006. La partie canadienne
a exposé les principes et les modalités de mise en oeuvre
de la loi sur les espèces en péril votée en 2003 par
le Parlement canadien. A ce jour, le gouvernement canadien n'a pas encore
pris de décision concernant l'inscription ou non de la morue sur
la liste des espèces en péril. La procédure d'examen
par différentes instances gouvernementales et une série de consultations
des milieux socio-professionnels sont en cours. Le gouvernement canadien
serait en mesure de faire part de sa décision au premier trimestre
2006. 2. Accord franco-canadien sur l'exploration et l'exploitation
des champs d'hydrocarbures transfrontaliers (17 mai 2005) : à la
demande des autorités canadiennes, des négociations ont été engagées
depuis juin 1999 avec pour objectif la signature d'un accord-cadre sur
les activités d'exploration et d'exploitation des champs d'hydrocarbures
transfrontaliers dans les zones économiques exclusives française
et canadienne au large de Saint-Pierre-et-Miquelon, de Terre-Neuve et de
la Nouvelle-Écosse. La signature de cet accord est intervenue le
17 mai 2005. La zone économique exclusive délimitée
par la sentence arbitrale de 1992 a permis la signature de cet accord,
la France n'ayant antérieurement pas d'autre juridiction que celle
de ses eaux territoriales. L'article 4 de l'accord précise
que toute activité dans un champ transfrontalier impose à chacune
des parties une obligation d'échanges d'informations. L'article
9 prévoit un plan de valorisation économique qui conditionne
le démarrage de la production dans un champ transfrontalier. L'annexe
VI de l'accord précise que les fabricants, sous-traitants et entreprises
de services établies tant au Canada qu'en France (Saint-Pierre-et-Miquelon)
se voient assurer une chance pleine et juste de participer sur une base
non discriminatoire et compétitive à la fourniture de biens
et services à l'activité en mer de l'industrie pétrolière
incluant divers services et notamment les services d'avitaillement. L'article
17 de l'accord prévoit une instance de dialogue, intitulée « groupe de
travail technique », chargée d'examiner toute difficulté de
mise en oeuvre du plan de valorisation économique et de proposer
des recommandations sur les modifications à apporter au plan. Pourront être traitées également
au sein de cette instance des questions nécessitant une procédure
d'arbitrage. L'accord franco-canadien sur les hydrocarbures constitue
une véritable chance pour Saint-Pierre-et-Miquelon. La société chargée d'effectuer
les travaux d'exploration pour le compte des gouvernements de Terre-Neuve
et de Nouvelle-Ecosse sera soumise à l'obligation de fournir toute information
et tout résultat sur ses travaux d'exploration. Les entreprises
de l'archipel pourront effectivement participer à l'avitaillement
des plates-formes canadiennes. Le programme Extraplac : le programme
Extraplac, mis en oeuvre depuis 2002, planifie chaque année des
campagnes de recherche scientifique dans les eaux bordant les collectivités d'outre-mer,
zone par zone. Les résultats de ces campagnes permettront de constituer
un dossier de revendications de plateau continental auprès des Nations-unies.
En effet, l'article 76 de la convention des Nations-unies sur le droit
de la mer fixe les règles qui permettent de déterminer si
un Etat côtier peut revendiquer un plateau continental, et d'en fixer les
limites. Les Etats souhaitant exercer leurs droits sur le plateau continental
doivent déposer auprès des Nations-unies, dans un délai
de dix ans à compter de la ratification de la convention, un dossier
de revendications établissant, à partir de données scientifiques,
les limites de leur plateau continental. La France dispose jusqu'au 13
mai 2009 pour déposer son dossier de revendications. Ce dossier est
alors examiné par la commission des limites du plateau continental.
L'arbitrage rendu à New York en 1992 accorde à la France
pour Saint-Pierre-et-Miquelon une zone économique exclusive enclavée
dans les zones sous juridiction canadienne. A priori cette sentence exclut
la possibilité pour la France de réclamer une extension de
son plateau continental au-delà de 200 milles, sans l'accord des
autorités canadiennes. En juin 2005, la réponse du Canada
a été sans ambiguïté puisqu'il « ne reconnaît à la
France aucune zone de plateau continental dans l'Atlantique du Nord-Ouest au-delà de
celle comprise dans la zone délimitée par la sentence arbitrale
du 10 juin 1992 ». Par contre, le Gouvernement est favorable à l'ouverture
de négociations avec le Canada dans le prolongement de l'accord
sur les hydrocarbures en vue d'une coopération renforcée
dans la zone. Ces négociations devraient permettre d'utiliser au
mieux les ressources de SaintPierre-et-Miquelon en mettant en avant sa situation
géographique privilégiée et la qualité de ses
installations et infrastructures portuaires dans le cadre de l'exploitation
pétrolière éventuelle de cette zone.
Vous pouvez consulter cette question sur le site du Sénat à l'adresse suivante
: http://www.senat.fr/basile/visio.do?id=qSEQ051019721
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